L’écrivain public, entre réel et fiction (2)

Extrait 2 d’un mémoire universitaire

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1        Panorama des écrits de l’écrivain public sur le terrain

J’ai effectué des missions dans quatre structures différentes : une association de quartier à vocation sociale, une autre de défense des diplômés de la licence professionnelle, une structure d’accueil d’urgence pour sans-abri et enfin, une maison de production cinématographique. Ces différentes fonctions m’ont permis d’explorer quelques-uns des champs pratiques de l’écrivain public professionnel : de l’écriture du fait au récit de création. J’ai appris qu’à chacune d’entre elles correspond une technique particulière : que ce soit la façon de collecter l’information ou celle de la transmettre. Mais toutes, à un moment ou un autre, ont soulevé une question commune : jusqu’à quel point devais-je coller à la réalité et, de fait, qu’était-elle vraiment ?

1.1        L’écriture des données brutes : une réalité réductrice

« De toutes les illusions, la plus périlleuse consiste à penser qu’il n’existe qu’une seule réalité. En fait ce qui existe, ce ne sont que différentes versions de celle-ci […] qui sont toutes des effets de la communication, non le reflet de vérités objectives et éternelles. »[1]

Lorsque l’écrivain public décline l’identité d’un usager sur un formulaire, il semble bien qu’il ait affaire aux éléments biographiques les plus attestés : nom, prénom, date de naissance, situation de famille, coordonnées, etc. Sa mission consiste alors essentiellement en un acte de lecture, puis de retranscription de ce qui est déjà initialement une procédure écrite : l’état civil. A priori, il s’en tient à ce qui définit administrativement l’existence légale de la personne dont il recopie les données, sans avoir à les interpréter. 

Seulement, la réalité n’est pas toujours aussi manifeste, car le point de vue de l’administration sur ce qui définit légalement l’existence d’un individu ne correspond pas toujours à la singularité de sa situation. Je me rappelle ma surprise la première fois où j’ai reçu un ressortissant égyptien lors d’une permanence à Ma Plume Est À Vous. Sur son titre de séjour et juste après Prénom figurait XXXX, alors que cinq ou six prénoms étaient accolés à la suite de Nom : Abdel Mohamed Kamal Ali El Hassan[2]. Ce monsieur m’explique alors que dans son pays la notion de patronyme n’existe pas et que, si le rapport de filiation reste évident, il n’y a pour autant pas de distinction entre nom et prénom. Sur sa carte d’identité égyptienne, il porte son prénom suivi du prénom de son père, puis de ceux de son grand-père et de son arrière-grand-père, etc. Sur son acte de naissance traduit officiellement au consulat d’Égypte à Paris figure Nom : Elhassan, Prénom : Abdel, alors que l’interprète agréé du consulat de France en Égypte a préalablement épelé son nom en deux mots distincts : El Hassan, Prénoms : Abdel Mohamed. Lorsque nous remplissons ensemble sa demande de CMU, je prends donc garde de bien noter dans l’ordre le nom – ou plutôt la liste de prénoms – qui a été retenu(e) sur son titre de séjour. Mais quand nous joignons au dossier les justificatifs de domicile, je m’aperçois encore que le bailleur comme l’opérateur téléphonique ont eux-mêmes opté pour d’autres déclinaisons possibles. Si je demande à monsieur Abdel Mohamed Kamal Ali El Hassan qui est dans le vrai et qui est donc dans l’erreur, il hausse les épaules et me dit se reconnaître derrière chacune des variations de son identité civile, même si celle-ci est mouvante, multiple et propice aux confusions. Il estime qu’aucune n’est plus exacte qu’une autre. Le seul conseil que je puisse éventuellement lui donner est de transcrire systématiquement son nom complet tel qu’il figure sur son titre de séjour par exemple, c’est-à-dire de consolider lui-même une norme à la seule fin de réduire les imbroglios administratifs.

Lorsque l’écrivain public pénètre un peu plus avant dans l’intimité de l’usager, il se rend compte que les faits seuls ne suffisent pas à définir la situation réelle de son interlocuteur. Les exigences administratives tout autant que les catégorisations sociales relèvent d’une perception très restrictive de la personne. Cela est tout à fait évident quand il s’agit de cocher les cases d’un questionnaire administratif de type directif, notamment pour la rubrique concernant l’emploi : le choix binaire oui/non ne permet que rarement de rendre compte de la situation professionnelle réelle de la personne. Cela est un peu plus subtil lorsque c’est l’usager lui-même qui souhaite communiquer sur un support écrit sa réalité à un tiers. Je prends ici l’exemple de la demande de curriculum vitae et d’une lettre de motivation à laquelle j’ai répondu à Ma Plume Est À Vous.  À la recherche d’un emploi, monsieur Koly M. s’adresse à la permanence pour rédiger un modèle de candidature spontanée. Il postule pour un travail de préparateur de commandes, mais également d’agent d’entretien, puis d’ouvrier en bâtiment et travaux publics : soit trois postes totalement différents. Pour le premier – préparateur – il n’a que très peu d’expérience, mais il espère augmenter ses chances de réussite en élargissant sa demande ; concernant le deuxième – agent d’entretien – il confie sa lassitude quant à son exercice, mais tient à rester en lice ; quant au troisième poste sollicité – ouvrier en BTP – c’est là qu’il cumule le plus grand nombre de missions. Il me demande comment s’y prendre pour paraître crédible dans son curriculum vitae sans pour autant renoncer à aucune de ces trois fonctions. Ensemble, nous nous mettons d’accord pour rédiger deux CV, chacun accompagné de sa lettre de motivation[3].

Le premier, c’est simple, nous l’intitulons Manœuvre en bâtiment : la liste de ses emplois antérieurs suffit à nourrir la partie relative aux expériences professionnelles. Pour le second, nous devons quelque peu plier le réel aux exigences de M. Koly M. et nous choisissons le double libellé d’Agent d’entretien et Préparateur de commandes : puisqu’un même employeur peut être sollicité pour les deux affectations – une grande surface, par exemple – la diversité des expériences de l’une palliera les manques de l’autre. Nous sommes d’accord qu’aucun des deux CV ne peut prétendre à lui seul délimiter le parcours professionnel de monsieur Koly. M. Pourtant, ils présentent deux facettes autonomes d’une même réalité : l’une déjà éprouvée, l’autre en train de se faire. C’est d’ailleurs dans cette dernière qu’il choisit de faire figurer ses goûts et ses loisirs – musculation, musique orientale et documentaire animalier – pour marquer davantage sa singularité.

1.2        L’écriture de l’événement : un rêve d’objectivité.

Si l’écriture factuelle rencontre des pièges, c’est que l’erreur est toujours possible, cachée en embuscade dans le réel. Selon le CNRTL[4], est factuel ce qui est « attesté, observable, réel. » Or, l’écrivain public est un médium qui assure la transition entre ce qui lui est transmis et ce qu’il doit transmettre. Cette position intermédiaire entre la volatilité de l’oral et la fixité de l’écrit l’apparente à une sorte d’interprète. Il écoute les informations exprimées, il les recueille, les sélectionne et les répertorie, il les traduit pour les inscrire dans le temps. Son rôle de médiateur entre un individu et une tierce instance, entre la parole de l’un et l’attente consensuelle de l’autre, le place au cœur même d’un processus d’interprétation. Or, il a beau aiguiser son sens de l’observation, il ne connaît du fait que ce qu’on lui en dit ; parfois davantage lorsque les détails sont reproduits textuellement – un procès-verbal par exemple. Mais son rôle de passeur consiste essentiellement à faire transiter l’information entre un émetteur – l’usager d’une permanence sociale – et un récepteur – une administration, le service d’une entreprise ou un particulier. L’écrivain public doit collecter l’information de façon à pouvoir répondre à ces trois questions :

  • Qu’y a-t-il à faire savoir ?
  • Que veut-on vraiment faire savoir ?
  • À qui le fait-on savoir ?

Autrement dit, l’information la plus factuelle passe par différents filtres d’interprétation. Le premier, c’est le choix qu’opère l’usager lui-même – consciemment ou pas – pendant qu’il relate l’événement ; simultanément s’opèrent l’analyse qu’en fait l’écrivain public qui l’écoute, puis la sélection pour laquelle il se décide afin d’argumenter le courrier. Enfin, la lecture du destinataire de cette correspondance constitue une dernière version. À n’importe quel endroit de cette chaîne de communication peut se glisser la méprise : parce que ce qui a été dit a pu être mal dit et ce qui a été entendu, mal entendu. Le malentendu est d’autant plus fréquent que la situation d’une personne dans le besoin multiplie les complexités administratives. Ces dernières sont souvent à expliquer et justifier sur des documents modélisés qui, la plupart du temps, ne rendent pas compte de la singularité du parcours. La moindre équivoque peut miner la réalité en la réduisant, en la déformant ou en l’extrapolant. Si l’on ignore tout le processus et les circonstances de transmission, le réel reçu par le destinataire peut alors sembler tout autre que celui émis par l’usager. Le rôle de médiation de l’écrivain public prend là toute son importance, puisqu’en tant que messager il doit dissiper le quiproquo. Mais il est lui-même soumis à des forces et des influences : un réel dont il n’est pas toujours maître.

Lors de mon passage en permanence sociale, j’ai passé beaucoup de temps à faire répéter leur demande à mes interlocuteurs afin de bien en saisir la teneur. Toutes sortes de paramètres pouvaient brouiller le dialogue en cours : le manque de maîtrise de la langue ou bien des difficultés de prononciation, le cadre sonore ambiant, la complexité de la situation exprimée, mon manque de concentration ou de vivacité à ce moment-là, bref une longue liste de parasites à même de susciter de l’incompréhension, de la confusion ou de la désinformation. Je crois avoir assez vite appris à reformuler oralement ce qui m’était livré afin d’obtenir une validation de mon interlocuteur avant même de nous attaquer à son courrier. Cela a d’ailleurs été l’occasion de rires ou d’agacements : j’avais compris de travers ou, mal embouchée, je répétais inutilement. À titre d’illustration, j’ai retranscrit l’enregistrement sonore d’une de mes consultations à Ma Plume Est À Vous : il s’agit d’un extrait de l’enquête que j’ai menée en vue de mon évaluation en sociologie pour l’Université[5]. Je l’ai choisi parce qu’il met en avant un certain nombre de facteurs humains qui, d’une part, font de la situation de monsieur A. une réalité bien plus vivante que ne saurait le faire un compte-rendu et, d’autre part, font de notre échange empirique – lui, l’usager et moi, l’écrivaine publique – l’exemple d’une perception facilement faussée ou brouillée par ces perturbations parasites : bruit ambiant, sautes d’humeur des protagonistes, erreur administrative, difficulté de formulation et d’identification de la demande réelle. Je dois d’ailleurs préciser qu’à l’écoute de mon enregistrement, la réalité de cette situation que j’avais personnellement vécue a gagné en relief parce que toute une part d’implicite trouvait là son volume. Ce que j’avais d’abord perçu comme un échec – le mien, l’échange n’ayant pas abouti à un courrier – relevait davantage d’une déception – celle de monsieur A. qui était venu principalement discuter pour passer un peu de son temps. Mais qu’entendrai-je encore à la troisième écoute de cet entretien ?

Il est impossible de circonscrire le réel tant les interprétations d’une situation divergent selon le point de vue ou l’angle que l’on adopte pour la considérer. Dans sa fonction d’intervenant social, l’écrivain public fait preuve de discernement et de réalisme pour aller à l’essentiel. Mais, son travail d’élucidation et de clarification n’est-il pas également un acte de simplification du réel ? Malgré son professionnalisme, l’écrivain public ne peut que rêver d’objectivité dans la mesure où il ne peut rendre compte pleinement d’une réalité.

1.3       L’écriture du récit de vie : une mise en forme de la vie

L’écrit fixe les propos en les ancrant – si ce n’est en les encrant – dans un espace-temps déterminé, quel que soit le support, physique ou numérique. Le choix des mots, tant de l’orateur que de l’écrivant, opère nécessairement une sélection.

« Le choix des mots est affaire sérieuse. Il signale toujours une certaine forme d’adoption – ou de refus – des choses, d’intelligence ou de mésintelligence de la réalité. »[6]

Qu’est-ce que décide de partager de sa propre réalité une personne qui se confie à un écrivain public-biographe ? Et quels arrangements avec le réel conviennent-ils de faire ensemble – ou pas – afin d’en tirer le meilleur parti pour un récit de vie ?

Lors de mon stage effectué auprès des sans-abri avec le C.H.R.S. de Cahors, je me suis parfois interrogée sur la véracité des propos qui m’étaient confiés. En effet, je relevais des contradictions ou des anachronismes qui pouvaient mettre en péril la cohérence du témoignage. J’ai parfois demandé à la personne de me préciser à nouveau une date ou deux, mais je n’ai jamais insisté afin de ne pas l’acculer aux recoins les plus troubles de sa biographie qu’elle choisissait, consciemment ou pas, d’occulter. Le parcours des sans-abri que j’ai rencontrés est très souvent chaotique, semé d’embûches et de drames. Tout travail de collecte de la parole de ces personnes qui ont connu des écueils et des ruptures répétés me semble être également un travail de reconsolidation de l’estime de soi, aussi modeste soit-il. Pour qui que ce soit, raconter sa vie c’est lui donner du sens : libre alors à la personne de choisir lequel. Pour ces hommes que je rencontrais, l’effort et l’enjeu me semblaient de taille. Plusieurs d’entre eux avaient connu la maladie, la prison ou la toxicomanie. Certains souffraient de troubles de la mémoire ou de l’humeur, d’autres de handicap. Plus encore que leur expérience de la rue, c’est la façon dont ils tentaient de raconter une partie de leur vie et les mots qu’ils choisissaient pour le faire qui me semblaient importants, avec les lacunes, les zones d’ombre et les hésitations. Toutefois, il ne me fallait pas omettre que ces témoignages, même destinés à un cercle restreint de personnes – les salariés et les partenaires de la structure d’accueil – restaient un outil de communication et devaient être intelligibles pour un lecteur. Que le sens perçu à la réception soit autre que celui initialement impulsé par la personne qui se raconte est un risque à prendre. Nous avons vu précédemment que tout le parcours de communication est aussi un processus de transformation, car il est sujet à des interprétations successives. C’est certainement à l’écrivain public-biographe de canaliser le sens et le flux des propos, d’en consolider le lit afin qu’il ne s’épanche pas en toutes directions et qu’il parvienne à l’auditoire si ce n’est parfaitement identique, du moins fidèle à la source, voire renforcé.

Je prends l’exemple du récit d’Arnold, un jeune homme fragile de vingt-quatre ans que j’ai rencontré dans un centre d’hébergement. Lorsqu’Arnold apprend qu’une stagiaire-écrivaine publique est présente dans les locaux pour recueillir des récits de vie, il souhaite me rencontrer pour l’aider à reconstituer une biographie qu’il estime en pointillés, pour « recoller les morceaux » de sa vie me dit-il. Le garçon parle peu et lorsqu’il le fait, c’est pour répondre à mes questions par des monosyllabes. L’exercice s’annonce laborieux, la situation délicate et je ne suis vraiment pas sûre d’y être à ma place. Je lui rappelle les limites de mes compétences, je tente même sournoisement de le dissuader, mais il persiste à vouloir écrire « des petits bouts » de sa vie. C’est à la fin de cette première séance que je comprends qu’Arnold a passé toute sa jeune existence ballottée de foyers en familles d’accueil. Il me précise qu’il en a connu tellement, qu’il ne s’y retrouve pas. Et il commence à les énumérer. Je l’interromps pour sortir mon dictaphone afin de l’enregistrer. Il est d’accord. Au moment où il recommence à parler, un intrus pénètre dans la pièce et met brutalement fin à notre entretien. Au rendez-vous suivant, Arnold ne se présente pas. Je communique au travailleur social qui est son référent une proposition de date pour un nouvel échange, sans trop y croire. Deux semaines plus tard et sans aucune nouvelle de l’un ni de l’autre, je retourne dans les locaux à l’heure prévue. Arnold m’attend depuis vingt minutes. Je lui soumets une idée : convoquer mentalement un lieu où il a vécu et y associer un unique souvenir, décrire cet endroit comme il observerait une photo, si cela peut l’aider. C’est un peu risqué – je ne souhaite pas plus que ça convoquer de lointains fantômes –, mais nous faisons confiance l’un et l’autre à la tournure présente de la situation. Il se prête au jeu pour la première image, puis s’en libère. Nous avançons pas à pas et je transcris au fur et à mesure les paroles qu’il livre par à-coups. Je suis tout à la fois rassurée par la banalité des propos et frappée par leur force sous-jacente[7]. Pour chaque image, je lui relis ce que j’ai écrit et mis en forme presque automatiquement : tel détail est volontairement omis, telle phrase est déplacée plus loin dans le paragraphe. Par la suite, je n’ai que très peu retouché ce que nous avions fait ensemble dans cette spontanéité. Je ne suis pas sûre qu’Arnold a glissé dans ces souvenirs autre chose que leur littéralité, mais je suis convaincue que le lecteur percevra tout le relief de ces images recomposées et qu’il saura lire entre leurs lignes.

1.4        L’écriture de fiction : une réalité de toutes pièces

L’écrivain-conseil est plus rarement sollicité pour écrire de la fiction. Pourtant, en tant que professionnel de l’écriture et s’il recherche la polyvalence, il connaît également des techniques de narration. Et même si dans cette démarche, c’est toujours pour autrui qu’il écrit, il peut s’épanouir en lâchant un peu la bride à son inventivité. D’aucuns diront que l’écrivain public est un auteur raté : la formule est âpre, mais vainement polémique. Je ne vois rien de honteux à exprimer le fait qu’avant de vouloir écrire pour autrui, j’ai d’abord souhaité écrire pour mon compte. Mais jusqu’à présent, je n’ai jamais osé faire de l’écriture autre chose qu’un outil. C’est pourtant un projet que je n’abandonne pas et que je conçois mener en parallèle et en privé. En attendant, écrire la fiction d’un autre, plonger dans son univers et trouver les mots et les images pour lui donner réalité reste un défi follement excitant (…)

[1] Paul Watzlawick, La réalité de la réalité, 1978, Éditions du Seuil, Essais, avant-propos.

[2]  Tous les noms cités ont été changés dans le respect de la confidentialité

[3] Cf. annexe, pièces 1 et 2

[4] Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

[5] Cf. annexe, pièce 3.

[6] Clément Rosset, Le choix des mots, 1995, Les éditions de Minuit.

[7] Cf. annexe, pièce 4

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